Prêtre jésuite, missionnaire en pays tamoul, martyr d'Oriyur · Fête: 4 février
Ouvrir dans l'application La Parole du jour📖 Matthieu 16,25
Jean de Britto naquit à Lisbonne, au Portugal, le 1er mars 1647, dans une famille noble, et fut élevé à la cour royale. Enfant, il tomba gravement malade, et sa mère demanda sa guérison par l'intercession de saint François Xavier. Il entra dans la Compagnie de Jésus en décembre 1662, fut ordonné prêtre en 1673, et cette même année s'embarqua pour l'Inde, où il atteignit Goa en septembre. D'anciens récits jésuites disent qu'il passa ensuite quelque temps à la maison jésuite d'Ambalakkad, près de Kodungallur, dans l'actuel Kerala, avant de franchir les montagnes à pied pour rejoindre la mission de Madurai, en pays tamoul.
La mission de Madurai avait été marquée par Roberto de Nobili, qui cherchait à présenter l'Évangile d'une manière que les Tamouls puissent reconnaître. Jean apprit bien le tamoul et vécut en pandaraswami, un saint homme indien : il portait une simple robe safran, ne mangeait pas de viande et marchait pieds nus à travers forêts et villages. On le connut sous le nom d'Arul Anandar, et il travailla parmi des gens de nombreuses castes, y compris les plus pauvres. Il vécut dans le delta de la Kaveri et au pays des Maravas, dans les actuels Ramanathapuram et Sivaganga, baptisant beaucoup de personnes et formant des catéchistes pour poursuivre l'œuvre.
Dans les années 1680, il fut arrêté au pays des Maravas avec ses catéchistes, enchaîné, torturé et finalement expulsé. Rappelé en Europe pour les affaires de sa province, il arriva à Lisbonne vers 1687. Le roi et la cour voulaient qu'il reste, et il aurait refusé même une nomination comme archevêque de Cranganore. Il choisit plutôt de retourner en Inde et revint en pays tamoul vers 1690 ou 1691.
Il retourna au pays des Maravas, où un prince local, connu dans les récits sous le nom de Tadiya Thevan, demanda le baptême après une maladie. Jean lui dit qu'un chrétien ne peut avoir qu'une seule épouse, et le prince renvoya ses autres femmes. L'une d'elles, nièce du souverain des Maravas, se plaignit à son oncle, et le missionnaire fut arrêté au début de 1693. On le conduisit à Ramanathapuram, puis à Oriyur, où il fut décapité, à la date généralement retenue du 4 février 1693. Son corps fut mutilé et laissé sur un pieu. Il fut béatifié par le pape Pie IX et canonisé par le pape Pie XII le 22 juin 1947. Un grand sanctuaire s'élève à Oriyur, où viennent prier des chrétiens et des fidèles d'autres religions.
Il adopta la langue et la vie simple de ceux qu'il servait, sans rien changer à la foi.
On lui offrit la cour et les honneurs, et il retourna vers les pauvres et vers le danger.
Il mourut pour avoir enseigné la vérité du mariage chrétien.
Des laïcs souffrirent et travaillèrent avec lui, et portèrent l'Évangile à ses côtés.
De retour au Portugal, Jean fut pressé par la cour de rester, et il aurait refusé à la fois le confort et les hautes charges. Il retourna au pays d'où il avait été expulsé, sachant ce qui l'y attendait probablement.
Quand le prince demanda le baptême, Jean aurait pu fermer les yeux pour gagner un converti puissant. Il ne le fit pas. Le renvoi des autres épouses du prince provoqua la plainte qui conduisit à la mort de Jean.
Les gens d'Oriyur disent que le sable du tertre où il mourut devint rouge de son sang et l'est resté. Les pèlerins en emportent encore chez eux.
J'attends la mort, et je l'attends avec impatience. Elle a toujours été l'objet de mes prières.
Saint Jean de Britto, lettre à son supérieur avant sa mort, 1693, en substance
Il renonça à son pays et à son rang pour le Christ (Matthieu 16,25).
Il marcha et vécut comme les gens qu'il servait.
Il refusa de transiger sur l'enseignement concernant le mariage.
Chers amis, saint Jean de Britto aurait pu vivre confortablement à la cour royale du Portugal. Il a préféré marcher pieds nus à travers les villages du pays tamoul, porter la simple robe d'un saint homme indien et parler le tamoul si bien que les gens l'appelaient Arul Anandar. Il appartient à l'histoire de la foi en Inde. Son sang a été versé sur le sol indien, à Oriyur.
Jésus enseigne que celui qui accepte de perdre sa vie à cause de lui la retrouvera (Matthieu 16,25). Jean a vécu cette parole deux fois. Il fut expulsé du pays des Maravas après les chaînes et la torture, et à son arrivée à Lisbonne, les honneurs l'attendaient. Il aurait pu rester, la conscience tranquille, ayant déjà beaucoup souffert. Il a choisi de repartir, car il aimait ce peuple plus que sa propre sécurité.
Il a finalement été tué à cause de la vérité sur le mariage. Un prince voulait devenir chrétien, et Jean lui dit qu'un mari chrétien n'a qu'une seule épouse. Cela lui coûta la vie. À notre époque aussi, la fidélité dans le mariage peut coûter quelque chose. Rendons grâce à Dieu pour les époux qui restent fidèles, et pour les pasteurs qui enseignent cette vérité avec courage et miséricorde.
En venant aujourd'hui à la sainte Messe / sainte Qurbana, souvenons-nous que cette foi nous a été transmise à grand prix, par des missionnaires et des catéchistes dont nous ignorons les noms. Demandons à saint Jean de Britto de nous donner son amour des pauvres, son respect pour chaque peuple et chaque culture, et sa disposition à payer le prix de la vérité. Amen.
Seigneur Dieu, tu as donné à saint Jean de Britto le courage de tout quitter et de verser son sang pour toi en Inde. Par ses prières, rends-nous fidèles à la vérité de l'Évangile et généreux pour la porter à tous les hommes, avec humilité et amour. Amen.